Audrey's profileLe journal d'une fille o...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
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March 25 Café, cigarettes et utopies"Il faut qu'on parle... Aujourd'hui ou plus tard, mais il le faudra. Puisqu'il parait que tu as tenu à moi..." Nous avons rendez vous à 13h30. Ni chez lui, ni chez moi. En terrain neutre. Parmi la foule. Attablés devant un café, comme un moment anodin, comme si rien ne s'était passé... Il a accepté mon invitation, plus un face à face qu'un retour aux effusions certes, mais il est là. Il fait claquer sa cuillère sur la tasse. Remue son café jusqu'à y créer un tourbillon dans lequel son regard se perd au plus profond. Il est mal. J'ai mal. Nous souffrons. On le sait. On le sent. Tous les deux. Réciproquement. Je parle peu, au début, j'attends qu'il prenne les devants. Il balbutie, il est hésitant. Je le laisse faire, ne lui apporte aucune aide. Cette fois ci c'est à lui de prendre les rennes. Il avoue sa faute. À demi-mot. J'avais besoin qu'ils soient crus plus que tus. Il n'a toujours pas ce courage, ni ce respect... Mais je n'ai presque plus de rage. Je crois que j'ai besoin de le voir là, les yeux humides de culpabilité, en face de moi, les mains tremblantes de regrets. Les miennes tranquilles et assurées de vouloir tourner cette page. Mais mes yeux plongés dans les siens, je le questionne sans paroles. Je veux savoir. Ce qui a été et ce qui devient. Je veux être sûr. Qu'il m'a aimé et que, finalement, cela n'est abolit en rien. Même si il n'y a pas d'avenir. Surtout parce que je ne le veux pas... non... parce qu'il le faut encore moins. Alors il me dit. Ce qu'il a toujours tu, ce dont je n'ai jamais été convaincue. Qu'il tient à moi, plus qu'il l'imaginait, plus que je le crois. Que son amour est plus fort à ce jour puisqu'il ne peut plus me faire de mal en retour. Mon visage rougit. Mon coeur le maudit. Ma bouche ne dit toujours rien. Il parle, il est si bien partit. J'entends quelques bribes de son vécu, je devine beaucoup de maux, il se sent faiblir mais il sait qu'il doit continuer si il veut que je l'imagine dans mon avenir. Car il y en aura un, c'est certain. Peu importe la manière, ni le temps que ça prendra. Peut-être demain... Dans tous les cas il sera plus dans mon corps que dans ma tête, mais je mettrais plus d'ardeur dans la sienne que sur le sien, certes. Toujours envie d'apprendre et de savoir, maintenant lui montrer qu'il se doit d'y mettre du sien pour m'avoir... Il a parlé, un peu. J'ai pris le relais, longuement. Cette fois ci donnant ma vision de nous plus franchement. Même si ça faisait mal, à moi d'oser le dire, à lui d'accepter de l'entendre. Sa faute était selon lui pardonnable, puisqu'il n'a fait qu'apposer sa bouche sur la sienne... Soit. J'aurais presque pu le comprendre il est vrai... si il n'avait pas ajouté cette phrase par la suite... Que dans la fête il porte à sa bouche ses verres comme les lèvres de ces nenettes... Je me suis empêchée de repenser à toutes les fois où je le savais de sortie sans moi. Je souriais, ironiquement. Je ne trouvais que ça à faire devant son comportement. Comment lui expliquer son immaturité ? Comment lui faire prendre conscience ? Nous étions vraiment à mille lieues l'un de l'autre, nous ne gérons tellement pas de la même façon notre existence. Je ne dis pas que la mienne est la bonne, mais bon sang... la sienne est si mauvaise ! Je ne pouvais pas allé plus loin que de lui dire que nos chemins ne se croiseraient plus que corporellement, si ils venaient à le faire de nouveau.. Que je ne pouvais plus donner de moi comme avant puisqu'il avait brisé tout ce qu'on avait construit, à nouveau... Il me dit qu'il changerait. Je lui répliqua que je m'en foutais. Que c'était trop tard et qu'au fond je ne lui avais jamais demandé cela. Que j'avais toujours su qu'au delà de nos corps ça ne marcherait pas. Et qu'aujourd'hui on s'en rendait bien compte, encore une fois. Il persistait, dans l'utopie. Il insistait, dans l'hérésie. Je l'arrêtais devant la réalité de nos vies. Il finit par acquiescer, alors que stupide garçon, je le voyais garder les yeux fermés. Il dégageait affliction et paresse d'action. Je ressentais frustration et exaspération. Que cela se finisse ainsi sans que je ne sache toujours rien de lui, qu'il n'ai toujours pas voulu apprendre sur moi, et qu'il me promette monts et merveilles lorsque la sentence le réveille. Je n'avais plus de force pour argumenter tout ça, surtout en sachant qu'il ne comprendrait pas... Le café était froid. Le silence était là. Le départ imminent. Nos corps loin l'un de l'autre. Nos têtes toujours plus. Notre avenir n'en parlons pas... Nous le ferons une autre fois... |
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