Audrey's profileLe journal d'une fille o...PhotosBlogListsMore Tools Help

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    February 23

    Alpha & Oméga... La fin est le début d'autre chose...

    "Il y a une semaine, à cette même heure...
    Il y a 7 jours, à 20h...
    Tout était si parfait...
    Et tu me disais même que l'on s'aimait..."

    Il faut que j'écrive.
    C'est le moment. Celui que je redoute comme depuis quelques jours je l'attend.

    Seulement il ne fallait pas que j'y pense, mon imagination tellement en lien direct avec ceux qui me servent à voir mais qui depuis tous ces jours n'ont fait que pleurer.

    L'alcool de tous les soirs me servant à oublier...
    Mes amis de toujours pour m'aider à surmonter.

    Il est parfois bon de ne pas avoir une minute à soi, cela fait taire les démons qui sans cesse aboient.
    Mais ce soir je suis seule chez moi et ils sont à ma porte... je les entends... bientôt les vois.

    Il faut que je fasse court, je n'ai pas l'envie de m'éterniser en discours. Détails douloureux et presque inutiles je passerai.
    Venons en donc directement aux faits.


    Je viens de passer 3 mois de romance, de mots d'amour aussi et de moments plus qu'intenses.
    3 mois corps à corps.
    3 mois les yeux dans les yeux
    3 mois de sentiments en plein essor.
    3 mois donnant l'envie d'un avenir à deux.

    Je viens de passer 7 jours à tout remettre en question.
    7 jours à me demander pourquoi il a fait ça.
    7 jours à me remémorer ses yeux si pleins de sentiments.
    7 jours à me dire qu'il a peut être joué avec moi.
    7 jours à presque regretter mon attachement.

    Toutes ces heures avec une éternelle question... Pourquoi ?

    Pour quelles raisons est il allé donner son corps à une autre que moi ?
    Et pourquoi ce soir là ?
    Cette soirée de fin d'année où il aurait dû être mon roi...
    Où parmi mes amis je voulais qu'on le voit, avec moi.

    Ce devait être l'apogée.
    Aux douze coups de minuit, mettre enfin des mots sur ces regards enflammés, donner paroles à nos baisers et désirer encore plus fort l'être aimé.

    Mais il n'en a pas été ainsi.

    Il n'y eu pas de conte de fée et petite princesse s'est subitement réveillée.
    Son sixième sens la poussant même jusqu'à la jalousie.
    Il m'est pourtant si rare d'en venir à tant d'excès, mais peut-être que quelqu'un est là pour m'ouvrir les yeux sur certains faits.

    L'intuition est de ces choses abstraites qui pourtant me convainc sans preuves concrètes.

    De la soirée je ne l'ai pas senti à mes côtés, durant des heures je l'ai cherché du regard déjà presque en pleurs. À tout moment je m'en allais courir à travers les pièces pour le trouver, le coeur comme un tambour battant.
    Tout ça en m'en voulant moi même d'agir comme tel, mais rien n'est plus fort qu'un soupçon qui t'appelle.

    J'ai été l'ombre de moi même.
    J'ai été la femme effrayée que je ne connaissais pas.
    Je n'étais plus cette fille toujours prête au combat.
    J'étais peut-être au final simplement une femme qui aime...

    Puis j'ai eu besoin d'oublier, ce que je pressentais, ne pas penser à celui qui me manquait. Noyer dans l'alcool et la danse mes démons qui entraient en transe. Lui jouer le jeu de la désintéressée, de l'indifférente en espérant bien sûr qu'il reviendrait vers son aimée, vers son amante.
    Homme se voulant si libre en a même presque apprécié de me voir si détachée, et par la même occasion en paix le laisser.

    Ma garde baissée, il revint à moi lorsque l'heure ultime se mit à sonner.
    Et là, les yeux au plus profond de l'autre, malgré l'euphorie environnante, plus rien d'autre n'avait d'importance.
    Il me semble que les battements de mon coeur dépassaient les décibels ambiantes, jouant sur deux tonalités, celle de l'amour certes mais celle aussi d'une peur trop présente.
    Alors quand le moment fut venu de se souhaiter nos voeux, au lieu d'une certitude c'est une interrogation qui sortie de ma bouche...
    À la place de cette phrase "interdite", une question sur la permission de se laisser aller aux sensations dépassant l'épidermique, savoir si l'on s'autorisait à être vrai, s'avouer que l'on avait en face de nous une personne qui donnait un sens au mot aimer.

    De ses bras il me rassura.
    De ses yeux il me fit ses aveux.
    De sa bouche il me dit que, oui, nous étions des amoureux...

    Je m'en voulais presque sur le coup d'avoir agi avec lui comme une harpie mais l'instinct d'une femme est plus fort que tout et la peur de la trahison dépasse largement la raison...


    Il faudrait que j'abrège, j'ai promis au départ de ne pas détailler cette histoire, mais mon regard se pose dans le vide à tout moment et mon esprit revit ces images comme au présent.

    Le voir presque en face de moi.
    Quasi le sentir du bout des doigts.
    Puis, de retour dans mes souvenirs, dans une chambre le découvrir, à peine mes talons tournés, jouant à chevaucher cette fille, certes un peu ivre, certes tout habillé.
    Mais sa brusque réaction de s'en ôté, puis même de s'en arrêter de parler prouve bien un dérangement à mon effraction, un réel fondement à son infraction.

    Je n'ai pas eu l'envie à ce moment de faire scandale ou de verbaliser mes interrogations, ça n'est que plus tard lorsque la soirée toucha à sa fin, lorsque la danse et l'alcool ne me donnèrent même plus assez d'entrain, que je succombai et dans les bras de mon meilleur ami toutes mes larmes déversai.

    Mes craintes les plus profondes refirent surface, j'avais cette impression que mon passé me faisait de nouveau face.
    Être la femme d'un homme qui les aime trop, m'attacher à ces corps que tant d'autres désirent, payer le prix d'avoir à ses côtés un étalon, au galop.

    Au final ne pas être rassurée... de mon pouvoir de garder un homme avec mes seules qualités.
    Me demander ce qu'il va chercher là-bas... dans d'autres bras... qu'es-ce qui me manque... ? qu'es-ce que je n'ai pas... ?
    Avant d'aller me coucher j'ai bien essayé de refouler toutes ces questions, mais ses allers et venues dans d'autres chambres que la mienne n'ont pas calmés ma raison.
    Alors j'ai tenté de m'endormir, mes paupières en s'abattant faisaient glisser mes larmes et feintaient de garder loin de moi certaines images.
    ...Illusion...
    Sa venue dans le lit, sa façon de se coucher à mes côtés, tout cela était empli de malaise.
    Il n'a même pas su faire mentir son propre corps, même pas été capable de trouver une phrase qui m'apaise.

    Le silence a été le mot d'ordre. Pour cette nuit et la journée qui l'a suivie.
    Des silences pleins de sens.
    Des regards lourds de questions, d'inquiétude, d'appréhension.

    Une envie de rentrer au plus vite avec tout de même la peur qu'une fois chez soi les questions viennent à être posées...
    Et puis le trajet était à redouter. La distance que l'on parcourait au fil des heures était égale à celle qui s'installait entre nous, idem pour le temps et sa froideur.


    A destination nous prîmes congés l'un de l'autre, le temps d'une soirée, un besoin de se retrouver seul, pour ma part il m'était comme vital d'exorciser ma peine et au téléphone déverser larmes et angoisses aux oreilles de ma plus grande confidente, aux oreilles de ma mère.

    On ne s'imagine pas pouvoir encore pleurer si fort lorsqu'on l'a tant fait dans sa vie...
    Es-ce une capacité spéciale qui m'a été donnée ? Comme le gène du tonneau sans fond ?
    Toujours est il que j'ai bien ce don, lui même décuplé lorsque j'en viens ma mère a appeler. Elle seule a ce je ne sais quoi qui fait que je ne peux me cacher de rien, elle seule comprend aux premiers sons de ma voix ce qui ne va pas...

    Alors j'ai exprimé, ma déception et ma rage, car il y avait bien de cela.
    J'ai sortis tout ce mal que j'avais en moi, puis apaisée, épuisée, elle est enfin arrivée...
    Celle qui rend plus forte.
    Celle qui une fois encore fait devenir plus grande.
    Elle était là, à nouveau.
    La clarté, la lucidité.

    Dans mon bain elle m'a accompagnée et m'a aidée à affronter.
    Sa voix au téléphone.
    Elle m'a poussée à poser les questions, essentielles, jusqu'à n'avoir aucune limite, aucun tabou.
    Alors il m'a avoué que j'étais en droit d'être effrayée puisque je ne savais rien de son passé, ne connaissais pas son histoire, ni même son comportement avec ses amantes ou ses aimées.

    Puis ses mots se sont fait l'écho de ce qu'au fond j'attendais. Non pas qu'il change, seulement qu'il comprenne, que j'étais une femme et de plus une femme qui aime...
    Je réussi enfin à lui avouer que j'avais certes besoin de son corps mais qu'il me parle de ses maux plus encore.
    Je ne sais si il en prit vraiment conscience sur le coup mais il m'entendit et nous pûmes nous endormir plus sereinement chacun dans notre lit.


    Sereine jusqu'au lendemain...


    Décidément il faut que j'en vienne à la fin, mais il me semble que je dois retranscrire l'ambiance pour montrer à quel point je suis tombée de haut.. même si j'avais déjà un pied dans le vide.

    Un nouveau jour se leva donc.
    Un peu lourd certes celui là mais je trouva refuge dans le sommeil jusqu'à ce que l'heure du travail m'appelle.
    Une soirée comme une autre, calme dans l'ensemble, sans divertissement spécifique non plus.
    Ce n'est que lorsque mon meilleur ami franchit le seuil de la porte que tout s'anima... mais... juste pour moi.

    Il fut direct.
    Et certains mots, certains regards aussi, se suffisent presque à eux même pour comprendre ce qui va se passer... ce qui est arrivé.

    Le lieu n'était pas vraiment propice aux révélations, encore moins aux pleurs, de destruction.
    Mais il n'avait pas d'autre choix que de se livrer ce jour là devant moi.

    Il avait entendu.
    On avait vu.
    Trop de choses.
    Que j'imaginais peut être mais dont je ne me doutais pas.
    Il a osé faire ça.
    À quelques mètres de moi.
    Il s'est permis de me jeter la pierre lorsque je lui exprimais mes craintes, certes avec colère.

    Il a pu.
    Dormir à mes côtés alors qu'il avait encore sur sa peau l'odeur de cette fille nue.

    Il a réussit à me jurer qu'il ne s'était rien passé...
    Et même... même... que l'on était fait pour s'aimer...

    Alors comment réagir face aux mots du seul homme en qui j'ai confiance ?
    Comment ne pas le croire ?
    Lui qui avait presque aussi mal que moi de me voir dans un tel désespoir.

    Ah Vincent, mon ami...
    Je t'en ai voulu autant que je te remercie. Oui, l'illusion a parfois tellement du bon et le réveil est si douloureux. Mais tu savais qu'il ne pouvait en être autrement et tu as démontré ce soir là ta plus belle preuve de courage, d'amitié et d'attachement.
    Tout cela a été éprouvant, ce soir précis et au final les mois auparavant.
    Car je n'ai pas pleuré de le perdre lui, j'ai hurlé en larmes ce que j'ai subi... Du manque de respect, des paroles faites de vent et du mépris...
    D'avoir piétiné ce que je suis.

    Maintenant il fallait que ce soit dit.
    La connaissance des faits de ma bouche.
    La vérité de ce qui lui a servit à l'embrasser...

    J'ai donc feinté une envie de le voir ce même soir, de le retrouver cette même nuit, pour mieux le quitter, (enfin) me détacher de lui.
    Malaise il y avait au départ, malaise il restait à l'arrivée.
    Ambiance d'esprit en bataille, ambiance de coeur déchiré.

    J'ai alors doucement sortis les armes, sans qu'il s'en aperçoive, il ne voyait pas où je voulais en venir, je lui ai répliqué que par contre, lui, on l'avait vu partir.

    J'ai été calme.
    Il a nié.
    J'ai gardé mon sang froid.
    Il s'est embourbé dans le mensonge, à même dit qu'il n'avait pas à se justifier de cela.

    J'aurais aimé des cris et des larmes mais rien de pire pour moi que la mauvaise foi, alors à terre j'ai finalement posé mes armes...
    Mon amour et mon respect aussi, sans drame.
    Je n'avais même plus envie de comprendre, d'écouter ou de questionner.
    J'étais lasse.
    Fatiguée de l'énergie que j'avais mise à lui accorder ma confiance, qu'il venait de briser.
    Mes espoirs de bonheur à deux envolés.

    En tournant les talons j'ai récupéré ce que j'avais créé en mettant tout mon coeur en action.
    En premier lieu notre histoire dans ma mémoire.
    En second, une peinture de deux corps qui si souvent n'en ont fait qu'un.
    Un tableau de peaux.
    Une icône d'un amour passionné.

    De nouveau entre mes mains.
    Une fois de plus au passé.

    Dos tourné, j'ai jeté mes derniers mots... que beaucoup avaient raison sur le fait qu'il ne méritait pas mon coeur, ni même mon corps, au diapason.
    Je ne lui ai pas jeté de dernier regard.
    Il ne s'est point levé pour m'empêcher de lui dire au revoir.
    J'ai fermé la porte, sans la claquer.
    Descendu les marches, sans même pleurer.
    Lentement, sereinement.
    Oui j'aurais voulu entendre ses pas derrière mon dos...
    J'y ai même cru... un moment... un instant seulement.
    Puis j'ai bien compris qu'il ne le ferait pas, qu'aucune main ne s'apposerait sur moi, pour se faire pardonner, pour me retenir, pour s'expliquer...

    J'ai du garder cette colère en moi, j'ai du m'empêcher de la ruminer, me dire que c'était mieux comme ça, de ne plus être à ses côtés...

    N'empêche qu'il me manquait...
    N'empêche que je continuais à me dire que je l'aimais...
    Toujours est il que cette fois ci, il est vrai, je le détestais.

    Sur le trajet du retour j'étais comme hors de toute chose, je ne sais quelles endorphines s'étaient insinuées en moi, me coupant presque de tout ressenti humain.

    Je marchais.
    Non, j'errais.
    Je n'étais même pas consciente que mes pas s'avançaient.
    Vers le plus dur.
    Vers mon retour à la réalité.
    Vers nos photos accrochées aux murs.
    Vers mes draps emprunts de nos odeurs excitées.

    Il fallait tout changer, tout enlever.
    Et en premier lieu cette douleur qui ne cessait de s'amplifier...
    La comprendre et la raisonner...
    Oui le maudire et... l'oublier.

    Avec tout ça... me fatiguer... et m'endormir...
    ... Encore avec ça... bien sûr... me réveiller... et... et réussir à guérir.